Symphonie n°4

Op.60. Tonalité : sib majeur. Période d'élaboration : 1806. Publication : Bureau des Arts et de l'Industrie, 1808, Vienne. Dédicataire(s) : comte Franz von Oppersdorff1. Partition : imslp

"Il n’y a qu’un Beethoven"

Pendant l’automne 1806, Beethoven se trouve à Grätz en Silésie chez le prince Lichnowsky. C’est là, deux ans après l’achèvement de sa Troisième symphonie, qu’il compose son nouveau chef-d’oeuvre. Elle aurait été écrite d’un seul jet (aucune esquisse n’a été trouvée jusqu’à ce jour). Cette année est particulièrement riche dans la création du compositeur puisqu’elle voit naître la deuxième version de son opéra Fidelio, les trois Quatuors opus 59, le Concerto pour violon ou encore le Quatrième concerto pour piano. Le comte Oppersdorff, passionné de musique, qui possède un château en Haute-Silésie et son propre orchestre, lui demande d’écrire l’œuvre pour 300 florins, versés à l’avance. Elle reste ainsi la seule des neuf symphonies à être une commande. C’est aussi celle qu’il achève le plus rapidement. Chez Lichnowsky, le séjour tourne mal, le prince qui héberge des officiers français demande à Beethoven de jouer du piano. Ce dernier refusant, une violente dispute éclate. Beethoven rouge de colère prend une chaise et s’apprête à la briser sur la tête du prince, mais Oppersdoff intervient pour séparer les deux hommes. Le compositeur quitte sur le champ le château.

Cette symphonie composée entre deux “immenses” symphonies (les symphonies n°3 et n°5) reste l’une des moins jouées. Sa première exécution a lieu au palais du prince Lobkowitz en mars 1807. Son caractère très poétique (en particulier le deuxième mouvement) la rapproche de la Deuxième symphonie.

 

l’introduction lente reste très originale et pleine de mystère. Une petite coda conduit à un éclatant fortissimo signifiant que le spectacle commence (les auditeurs qui se seraient assoupis durant l’adagio ne peuvent qu’être réveillés par ce tutti magistral !). L’allegro excité, plein de joie développe des thèmes d’une grande vivacité. Un mouvement qui ne procure que du bonheur.

particulièrement rêveur, « qui surpasse tout ce que l’imagination la plus brûlante pourra jamais rêver de tendresse et de volupté » selon Berlioz. De forme rondo-sonate, c’est peut-être le mouvement le plus intéressant de l’œuvre.

Il s’agit d’un scherzo, qui a la particularité d’être double. Débutant fortissimo, ce mouvement s’avère particulièrement animé dans la première partie. Le trio mené dolce par les bois lui fait contraste.

Mouvement court de forme sonate, plein d’allégresse et de légèreté qui se caractérise par son perpetuum mobile aux cordes (mouvement perpétuel qui donne une sentiment de continuité).