Symphonie n°2

Op.36. Tonalité : ré majeur. Période d'élaboration : 1801-1802. Publication : Comptoir des Arts et de l'Industrie, mars 1804, Vienne. Dédicataire(s) : Karl von Lichnowsky. Partition : imslp

La deuxième symphonie reste l’une des plus méconnues de Beethoven. La géante qui lui succède lui fait certainement ombrage. Et pourtant quel chef-d’oeuvre encore une fois! Le larghetto en particulier, est une merveille qui impressionna beaucoup Schubert. Bien qu’elle soit toujours dans la lignée de Haydn et de Mozart, la partition est pourvue d’éléments beethovéniens déjà bien marqués (contrastes, rythmique, coda…).

Le plan est esquissé dès l’automne 1800. Beethoven termine son œuvre à Heiligenstadt, dans la banlieue de Vienne où son médecin lui a conseillé de se reposer, durant l’été 1802. Les esquisses montrent que le compositeur y travaille beaucoup. C’est cette même année que Beethoven rédige son célèbre « testament d’Heiligenstadt » (découvert après sa mort), document poignant dans lequel le compositeur songe au suicide. Atteint d’une surdité qui empire au fil du temps, Beethoven sait que la guérison est désormais impossible. Le compositeur est désespéré. Pourtant le caractère épanoui et vivant de cette symphonie contredit cet épisode dramatique dans la vie du compositeur, ce qui a intrigué les musicologues. Beethoven aurait-il fait la part des choses entre son art et sa vie personnelle ? Rien n’est certain.

La symphonie est exécutée la première fois le 5 avril 1803 au théâtre royal et impérial « An der Wien ». Au programme figure aussi son troisième concerto en ut et son unique oratorio « le Christ au mont des oliviers ». La dédicace va à Karl Lichnowsky, ami et principal mécène, autrefois élève de Mozart. Cette symphonie marque la fin d’une époque. Désormais Beethoven veut ouvrir de nouveaux chemins, la symphonie héroïque est alors en gestation.

De même que la précédente symphonie, un adagio initial comporte trois épisodes principaux. L’allegro qui suit est de forme-sonate : premier thème enjoué, plein d’ardeur, second thème en la, d’allure militaire, alternent les nuances piano et fortissimo.
Mouvement pleinement réussi, un parfait modèle de forme-sonate (rare pour un mouvement lent), de surcroît, très bien construit. Les adjectifs ne manquent pas pour un moment serein, d’une grande inspiration dans les thèmes au caractère rêveur, contemplatif. Le développement fait apparaître des parties contrastantes avec l’exposition, où apparaissent des épisodes plus sombres, avec de nombreuses modulations.
Aussi franchement gai dans sa capricieuse fantaisie, que l’andante a été heureux et calme » selon Berlioz. De forme ABA, où A comprend deux thèmes qui s’alternent. Mouvement saisissant par ses nombreux contrastes, aux nuances franchement opposées, typiquement beethovéniennes. Le trio B conserve la même allure, légère et enjouée.
De forme-sonate, dans la continuité du scherzo, toujours vivace et énergique. La coda est ici remarquable par sa dimension, une des premières avec développement terminal qui deviendra une grande caractéristique du style beethovénien.