Symphonie n°1

Op.21. Tonalité : ut majeur. Période d'élaboration : 1799-1800. Publication : Hoffmeister, 1801, Vienne, Leipzig. Dédicataire(s) : Baron Van Swieten. Partition : imslp

C'est à l'âge de 30 ans que Beethoven attaque sa toute première symphonie. Le manuscrit ayant été perdu, on ne peut déterminer la date précise de son élaboration. Elle a vraisemblablement été écrite de 1799 à 1800. Une symphonie en ut majeur avait déjà été commencée en 1795 par Beethoven, mais le compositeur l'avait laissé tomber par la suite. La symphonie est dédiée dans un premier temps à Maximilian Franz, frère de Joseph II qui fut l'employeur du compositeur à Bonn. Mais le prince meurt au moment où Beethoven édite sa symphonie en 1801. La dédicace va finalement au baron Gottfried van Swieten (1733-1803), bibliothécaire de la cour de Vienne et ancien ami de Mozart, passionné par les oeuvres de Bach et de Haendel ( il contribua d'ailleurs beaucoup à les faire connaître à Vienne). 

La première a lieu le 2 avril 1800 à Vienne au Burgtheater. C'est la première grande académie de Beethoven dont voici le programme : "une symphonie de Mozart, un air de la création de Haydn, un concerto pour piano de Beethoven, le septuor Opus 20, un duo de la création de Haydn, une improvisation de Beethoven au piano-forte et enfin la première symphonie en ut majeur". Cette symphonie est encore assez proche de l'esthétique Mozartien (en particulier l'andante), elle compte un menuet (ainsi nommé par le compositeur) qui est en fait un scherzo (plus vif et plus rapide), véritable marque beethovénienne de cette symphonie. L'accueil de l'œuvre est contradictoire : enthousiaste et indignation.

Beethoven débute sa symphonie de manière inattendue grâce un accord de septième de dominante, joué forte par tout l’orchestre. Tout le caractère du compositeur est déjà là : surprendre son auditeur. Les débuts d’œuvres sont toujours primordiaux chez Beethoven (l’exemple le plus remarquable étant la Cinquième symphonie). Ils intriguent l’auditeur curieux de savoir ce qui va suivre, et qui reste difficilement prévisible. L’introduction, se déploie lentement jusqu’à l’alternance d’accords entre vents et cordes qui conclut cet adagio. Ainsi débute l’allegro, plein de fougue et d’énergie où la tonalité d’ut majeur est très affirmée. Le développement met en valeur les motifs les plus énergiques de l’exposition. Mouvement très allant qui manifeste un Beethoven prêt à conquérir le monde musical.
De forme sonate, l’exposition commence en fugato, d’écriture contrapuntique. Le second thème est d’allure beaucoup plus harmonique. Le compositeur se serait probablement inspiré du mouvement lent de la quarantième symphonie de Mozart.
Il s’agit en fait ici du premier scherzo symphonique de Beethoven, malgré son appellation par le compositeur (seul la Huitième symphonie comporte un véritable menuet). Il est de forme ternaire ABA. Première empreinte typiquement beethovénienne. Considéré comme le mouvement le plus novateur et originale de cette première symphonie.
Que de charme, de joie et d’humour dans ce mouvement rempli de vitalité. Comme le premier mouvement (rondo-sonate), un adagio, relativement court (six mesures), basé sur la construction d’un gamme d’ut majeur, précède l’allegro bondissant, où le premier thème se construit sur des notes piquées et répétées. Le second thème en sol plein de fraîcheur est dans un esprit très proche de Haydn. Beethoven choisit de conclure de manière très brillante cette première symphonie qui constitue ainsi son premier chef-d’œuvre symphonique.